Qu’est ce que Shiksha ?

Définition – Que signifie Shiksha?

Shiksha est un mot sanskrit qui signifie «instruction», «apprentissage», «leçon» et «étude des compétences». C’est l’une des six disciplines auxiliaires connues sous le nom de Vedangas, qui soutiennent l’étude des Vedas et d’autres écritures hindoues.

Shiksha est l’étude de la phonologie, de la phonétique et de la prononciation. L’intonation, la conjonction et la disjonction correctes des syllabes sont des éléments clés du shiksha. Shiksha implique également l’étude des lettres sanscrites et la façon dont les mots sont combinés et exprimés dans une récitation.

On explique Shiksha

Les Vedas ont jeté les bases du yoga et de l’hindouisme. L’étude du shiksha était essentielle dans l’Inde ancienne, car on croyait que les Vedas étaient divins et inviolables; par conséquent, la prononciation correcte et les vibrations tonales des hymnes étaient nécessaires pour maintenir la pureté rituelle.

En général, les Vedangas donnent un aperçu non seulement de la signification des Vedas, mais aussi des compteurs, de la structure et de la langue du texte ancien. Ils permettent également de comprendre d’autres textes post-védiques et des aspects de la philosophie hindoue et yogique.

En plus du shiksha, les Vedangas comprennent:

  • Chhandas – L’étude de la prosodie, qui regarde le mètre poétique. Cela comprend l’analyse du nombre de syllabes par verset et de tout modèle fixe en leur sein.
  • Vyarkarana – L’analyse de la grammaire et de la linguistique afin d’établir la manière précise dont les mots et les phrases ont été construits pour exprimer des idées.
  • Nirukta – L’étude de l’étymologie. Il s’agit de l’interprétation correcte des mots sanskrits, compte tenu de leur contexte dans les textes anciens.
  • Kalpa – L’accent mis sur les instructions rituelles, y compris pour les rites de passage. Il explore également les concepts de devoir individuel et de bonne conduite.
  • Jyotisha – L’étude du chronométrage. Il traite des aspects astrologiques et astronomiques de la sélection des meilleures dates et heures pour effectuer les rituels et rites védiques.

Shiksha : un langage qui trouve son origine dans la sagesse antique 

Il faut savoir que la connaissance védique adhère à une certaine hiérarchie qui fait appel à des Védas, des Upavedas (sous-védas) et des Upangas (composants). Le shiksha fait partie de cette dernière catégorie, les Upangas. 

En effet, ce composant fait l’objet de la première branche de linguistique ayant vu le jour pour nourrir l’étude védique. Probablement, le shiksha s’est imposé avant ses homologues en raison de la transmission orale des Védas d’une génération à l’autre. La phonétique devait en conséquence être impeccable pour que les valeurs et la signification des textes soient préservées.

À l’époque, l’alphabet utilisé dans le shiksha se constituait de voyelles, d’arrêts, de semi-voyelles et de spirantes. Le shiksha comportait également six chapitres qui avaient pour vocation de parfaire l’aspect phonétique du langage. Citons :

  • Varna : signifie (son), 
  • Svara : fait référence à (accent),
  • Matra : veut dire (quantité),
  • Bala : désigne (force, articulation),
  • Saman : est synonyme de (récital),
  • Samtana : établit le lien entre le précédent et le suivant.     

Une organisation à la fois symétrique et résonnante a été appliquée aux lettres de l’alphabet. Le but était de faciliter la lecture en indiquant son orientation : de haut en bas ou de gauche à droite, par exemple. Des signes de main ont été par la suite définis en vue d’accompagner chaque son et de confirmer/vérifier visuellement l’intégrité de la lecture par le public.

Une communication linguistique aux rôles divers : la gardienne des Védas !

Le shiksha a bien su préserver les Védas grâce à la procédure phonétique à laquelle ce composant de la connaissance védique fait appel. La transmission donc des Védas n’a jamais manqué de fidélité et est parvenue à éviter les distorsions.  

Mais ce rôle de protection assuré par le shiksha semble loin d’être la seule corde à son arc. Cet incontournable de la connaissance védique revêt apparemment un aspect émotif et sensuel, lequel participe à l’optimisation de la réflexion et au renforcement des compétences.

Pour information, les manuels Shiksha les plus anciens sont nommés les Pratisakhyas. Ces derniers sont pensés pour apprendre la prononciation des Vedas. Chacune de celles-ci possède ses propres Pratishakhyas.

Dans tous les cas, les textes Shiksha et les Pratishakhyas ont réussi à permettre une excellente compréhension du langage. Que cela soit au niveau de sa structure ou de sa surface.  

Le shiksha et le yoga : est-ce qu’il existe un rapport entre les deux ?

Oui, le shiksha et l’histoire du yoga sont étroitement liés. Étant la discipline auxiliaire la plus ancienne des Védas (qui signifient vérités), le shiksha a contribué – avec les autres védangas notamment – à la fondation de la philosophie du yoga. Le yoga est un des sous-composants des Upangas auxquels appartient le shiksha.  Vous pouvez découvrir la MasterClass Yoga qui vous permettra d’approfondire vos connaissances sur le shishka. 

Cela dit, les peuples et les civilisations qui ont donné naissance au shiksha sont jusqu’à aujourd’hui mal connus. L’époque durant laquelle le shiksha s’était manifesté n’est pas clairement connue non plus.

    

Note