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Un an de Yoga teacher !

10365848_1196521763709174_2944691787216160095_nIl y a 365 jours exactement, j’étais à Kovalam dans le sud de l’Inde en pleine formation intensive pour apprendre à enseigner le Yoga, et surtout : changer radicalement de vie. Aujourd’hui, je suis prof à temps plein… Bilan des courses : c’est plutôt pas mal 🙂

Je me souviens encore de cette conversation au bord du Canal St Martin avec une de mes amies, deux mois avant que je ne parte. Il faisait super beau, je sortais d’un cours chez Yoga&Co – un studio très sympa dans lequel j’enseigne aujourd’hui, si j’avais su ! Car je disais justement à mon amie que j’étais loin d’être sereine à propos de mon retour. « Je pars en Inde me former, super ! Mais après, je fais quoi ? ».

Heureusement cette amie avait eu la présence d’esprit de me rappeler que, PRIMO / si je faisais ce avec quoi j’étais en harmonie, tout viendrait naturellement ; DEUZIO / à mon retour d’Inde, je serai probablement très différente et donc, rien de ce que j’envisageais maintenant ne serait réalité le moment venu. Et c’est vrai…

A partir du moment où j’ai entendu ses mots, j’ai cessé de penser à l’après. Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir subi à maintes reprises les réticences de mon entourage proche : « personne ne t’attend à Paris pour être prof de Yoga ! », « vivre du Yoga c’est de la pure folie ! ». Mais j’avais fini par me dire que personne ne m’avait attendu pour être journaliste non plus et pourtant, je l’avais été pendant trois ans.

Quand je suis rentrée d’Inde, le corps et l’esprit éprouvés par 200 heures de pratique intense, j’ai eu besoin d’un temps d’adaptation. J’ai donc passé un mois quasi cloitrée, à tout remettre en place dans ma tête. Et à créer le blog que voici. Je dois reconnaître que c’est lui qui a fait la différence à chaque fois. Une plume, des anecdotes, l’histoire… Et pourtant, j’étais à des années lumières d’imaginer que tout cela puisse intéresser qui que ce soit.

C’est à partir de ce moment que tout s’est enchainé…

« Asseyez-vous confortablement et fermez les yeux »

J’ai donné mon premier « vrai » cours collectif avec la marque canadienne Lolë, dont je suis ambassadrice mais avec qui je n’ai plus enseigné depuis l’été dernier – faute de temps et d’organisation. Donner son premier cours, c’est un peu comme se jeter dans la fosse aux lions. On entre dans la salle, on installe son tapis… Mais cette fois, c’est celui du prof qu’on déroule, gloups. J’avais rêvé de ce moment depuis longtemps (je donnais déjà des cours dans mes rêves, avec des indications très précises et beaucoup, beaucoup de passion #lameuftarée).

Au début, tous ces regards posés sur soi, c’est très impressionnant. J’ai d’ailleurs remarqué que les premiers temps on a tendance à faire comme si on regardait les élèves alors qu’en vérité, on ne fait que passer au travers. On a trop peur de voir dans leur regard à quel point on manque de confiance… Mais au bout de quelques temps, on prend ses aises.

La première fois que je me suis retrouvée devant 70 Tadasana qui me fixaient de tout leur être, je me suis dit que deux mois auparavant j’aurais été terrifiée mais que maintenant j’étais là. Et rien qu’avec l’immense gratitude que cela m’inspirait, j’ai trouvé le courage de faire bouger tous ces corps ensemble.

Suivre ses rêves, et son intuition

ABM_1439906821A partir de ce moment, et peut être même un peu avant, j’ai cessé de « chercher ». J’acceptais les opportunités qui s’offraient à moi (en y croyant à moitié la plupart tu temps, notamment quand Tout ça pour ça, l’agence de Mika de Brito, m’a contacté pour enseigner à la Galerie Nikki Diana Marquadt en août dernier), je faisais ce que j’avais à faire (en y mettant le plus de bienveillance possible), et puis je remerciais intérieurement cette conscience immense et mystérieuse qui faisait en sorte que mon rêve se matérialise autour de moi…

Très vite, les cours et les rencontres se sont multipliés, et dès la rentrée 2015 j’ai commencé à enseigner en studio dans le cadre de deux remplacements. Tu arrives le matin, tu prépares ta salle, tu fais le thé, tu pratiques un peu, puis tu accueilles tes élèves et c’est parti ! #COOL. Je faisais en sorte que d’une semaine à l’autre, aucun de mes cours ne se ressemblent. Et quand j’ai constaté que les visages étaient souvent les mêmes, je me suis dit que peut-être ça payait.

L’envers du décor

Il ne faut pas croire que le Yoga est un monde féérique avec des arcs en ciel sur lesquels tous les yogis dansent en Natarajasana. Certes, je me suis bien moins sentie exposée à la crétinerie du monde depuis et j’ai fait des rencontres yogiques formidables, mais tout de même…

C’est un milieu corrompu comme tous les autres, où beaucoup de studios rémunèrent les profs aux lance-pierre (sans prendre en considération que tu vas casquer derrière pour payer tes charges) ; où certains enseignants ne se sentent plus pisser parce qu’ils arrivent à mettre leur jambe derrière la tête, et d’autres – qui ont probablement oublié de se gratter la langue pendant leur rituel ayurvédique – te chantent une sérénade de OM devant et te jettent des sachets de yogi tea dessus une fois que tu as le dos tourné ; où plutôt que de partager entre eux leur grand savoir, les yogis se livrent une guerre de qui détient la vérité sur le Samaddhi.

C’est aussi devenu un méga business… Bientôt, pour prendre un cours de Yoga il faudra demander un prêt. Où est passé l’esprit de communion ? Mais tu sais aussi que tout cela fait parti du jeu et met tout simplement à l’épreuve ton mindfullness.

Yoga teacher one day, yoga student forever

IMG_20150629_220727Justement, enseigner m’a fait comprendre deux choses importantes : si tu veux perpétuer dans ce chemin, tu dois à tout prix rester humble. Il y a des jours avec où tu es solaire et d’autres où, au contraire, tu te sens supercherie. Qui suis-je pour apprendre à des gens comment être en harmonie dans leur corps alors que moi-même, je ne suis pas toujours en mesure de le faire ? Dans ces cas là, ce qui te recentre, c’est la méditation… Merci Bouddha ! Méditer te reconnecte à ta divinité intérieure – et te rappelle par conséquent que le reste du temps, tu es un être humain avec es faiblesses qui te font juste rebondir.

Rebondir est nécessaire, car la difficulté d’enseigner c’est que tu ne peux pas faire semblant. Et si tu le fais, tu seras vite grillé. Pour moi, cela me paraît inconcevable de transmettre le Yoga sans avoir une pratique personnelle et pourtant, il y a des semaines entières où je ne déroule jamais mon tapis juste pour moi. Mal.

Il y a aussi des moments où cela te paraît impossible d’assumer ton rôle de prof parce que tu es BEAUCOUP TROP fatiguée ou juste pas dans le mood qu’il faudrait. J’ai souvenir du lendemain des attentats, je me demandais qu’est ce que j’allais bien pouvoir proposer à mes élèves – qui, je tiens à le préciser, sont venus au complet assister aux cours ! Au final, on a fait du Yoga à deux et on s’est marré. Etoile filante au milieu de la matière noire…

YOGALOVE

Ce que je retiens de cette année, c’est qu’à partir du moment où tu cesses de te soucier de l’avenir et que tu fais ce avec quoi tu es profondément en harmonie, tout se met en place de façon autonome. Rien ne sert d’insister dans une voie qui ne te correspond pas.

J’ai compris également qu’il suffit de se formuler clairement les choses pour qu’elles se manifestent. Tes désirs sont des ordres, l’univers entend tout !

C’est aussi qu’en tant que professeur de Yoga, le premier guru qui t’emmène là où tu dois aller, c’est toi-même. Et le deuxième, ce sont tes élèves. Je dis souvent que chaque posture de Yoga a quelque chose à nous apprendre sur nous-mêmes, c’est la même chose avec les élèves.

Leur corps, leur vie, leurs émotion, leur visage, leur pratique… sont si différents. Mais quand tu les entends respirer ensemble, que tu vois leur corps se mouvoir sur le même tempo, que toutes ces cages thoraciques vibrent à l’unisson, tu comprends qu’ils font expérience de la même énergie. Que ce fluide unique qui circule entre eux, tu le sens aussi en toi. Et c’est ça, le Yoga.

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15 Comments

  1. Oriane
    13 février 2016

    <3

    Merci super prof !

    • Laura
      20 février 2016

      Héhé ! Merci super élève <3

  2. Joan
    13 février 2016

    Merci beaucoup pour ce partage, c’est un vrai plaisir de vous lire. Lors d’un passage à Paris, j’apprécierai de suivre un cours à vos côtés 🙂

    Joan

    • Laura
      20 février 2016

      Merci 🙂 avec plaisir.

  3. Maud Yoga
    13 février 2016

    Merci pour ce bel article <3

    • Laura
      20 février 2016

      De rien 🙂 Merci à toi.

  4. LaNe
    13 février 2016

    Beaucoup de choses que tu décris me font penser à mon approche de la massothérapie…
    Merci pour ce post très inspirant ! Et je savais pas que tu étais ambassadrice Lolë, c’est cool :)))

    • Laura
      20 février 2016

      Merci à toi <3

  5. prettylittletruth
    15 février 2016

    Bravo! Felicitations pour ta premiere annee d’enseignement! Je prendrai bien un cours avec toi mais je suis un peu loin pour ca malheureusement 🙂

    • Laura
      20 février 2016

      Merci 🙂 qui sait, un jour peut-être ?

  6. Caroline
    28 avril 2016

    Bonjour Laura,
    Bravo pour ton parcours!! Tu es pleinement épanouis dans ta nouvelle vie pro, c’est vraiment inspirant. Mais cotés financier (je sais, mais c’est malheureusement le nerf de la guerre), arrives-tu a t-y retrouver?

    • Laura
      29 avril 2016

      Bonsoir Caroline,
      Merci ! Pour répondre à ta question : j’arrive à m’y retrouver. C’est mon métier, je l’exerce à plein temps (entre 12 et 15 cours par semaine).
      A bientôt
      Laura

  7. Cindy Chatelais Yoga
    28 juin 2016

    J’ai beaucoup aimé ton article et aussi beaucoup la fin quand tu dis que les élèves vibrent à l’unisson durant les cours. C’est exactement ce que je ressens aussi pendant mes cours de Yoga. L’énergie des cours de yoga collectifs est magique. 🙂

  8. Laure
    4 janvier 2017

    Bonjour Laura,
    Je m’interroge sur les démarches que tu as fait à ton retour, une fois ton certificat obtenu, pour trouver des structures où donner des cours. L’as-tu fait très rapidement ou as-tu attendu quelques mois? As-tu sollicité d’abord des associations ou immédiatement des studios? Je suis curieuse de tout ça car j’ai moi-même obtenu mon certificat fin novembre suite à une formation de 200h en Inde et je ne sais pas trop par où commencer… Merci d’avance!
    PS : Très bonne année! 🙂

    • Laura
      8 janvier 2017

      Bonjour Laure
      En toute honnêteté, je n’ai rien fait ou presque. Je suis rentrée d’Inde, j’ai attendu un petit mois histoire de me remettre de mes émotions, puis j’ai lancé le blog. Par la suite j’ai systématiquement été contactée, pour faire des remplacements au départ, qui sont ensuite devenus des créneaux définitifs. Il y aussi eu beaucoup de bouche à oreille, un tel qui connait un tel qui vient de lancer du yoga en entreprise et qui cherche des profs… Bref, je ne me suis jamais réellement tuée à la tâche, de la chance ou le destin, je n’en sais rien mais tout ce que je peux dire, et qui a probablement fait la différence, c’est que j’y croyais dur comme fer.
      Bon courage et belle année à toi
      Let me know 🙂
      Bises

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