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Mon parcours pour devenir professeur de Yoga

Quelle formation choisir ? Comment se lancer ? Quel est le meilleur statut ? Suite aux nombreuses demandes que je reçois, en ligne mais aussi dans la vie de tous les jours, j’ai décidé de partager avec vous tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer, ainsi qu’un petit bout du chemin qui fut le mien en vue d’effectuer ma reconversion de journaliste web vers le métier de professeur de Yoga.

Mais avant d’aborder tous les aspects pratiques, j’aimerais poser une question à laquelle il me paraît juste de répondre :

Pourquoi voulez-vous enseigner le Yoga ?

Avec la prolifération d’images faisant l’apologie des postures de Yoga sur Instagram, le récit inspirant de filles ambitieuses ayant plaqué leur vie de bureau pour devenir Yoga teacher (les plus motivées d’entre elles rapidement victimes de leur succès…), mais aussi l’abondance de nouveaux lieux pour pratiquer… Devenir professeur de Yoga est devenu une option tendance, apparemment accessible, qui laisse rêveuses de nombreuses filles peu épanouies dans leur milieu professionnel, en quête d’une nouvelle raison de vivre et d’un métier qui les fasse vibrer.

Mais enseigner le Yoga na rien à voir avec tout ce que l’on peut trouver de reluisant sur les réseaux sociaux. C’est une tout autre réalité qui vous attend…

Pour commencer, la graine d’un “bon professeur” ne germe pas à l’extérieur, contrairement aux apparences, mais à l’intérieur, après un temps plus ou moins conséquent dédié à sa pratique personnelle, sur mais surtout en dehors du tapis. Car l’enseignement ne consiste pas simplement en un enchainement de postures – cela s’appelle du Fitness – mais à mettre ses élèves sur la voie d’un cheminement dans le Yoga ET dans la vie. Or je ne vois pas comment cela est possible quand on n’a pas soi-même déjà bien cheminé. D’autre part, on manipule des choses avec lesquelles il ne faut pas jouer : l’anatomie, le pranayama… J’ai moi-même probablement induis mes élèves de nombreuses fois en erreur parce que je m’étais pensée capable de les emmener sur une voie qu’en vérité je ne maitrisais pas.

Certes, le Yoga peut être décomplexé mais il ne se pratique pas à la légère pour autant. Et contrairement au message très souvent véhiculé, n’est pas professeur de Yoga qui veut. J’entends souvent dire qu’il y a de la place pour tout le monde mais je ne suis définitivement pas d’accord. Moi, par exemple, je suis incapable de faire un pourcentage alors il serai bien culotté de ma part de me lancer dans une carrière de mathématicien 😉

Quelle formation de Yoga choisir ?

Il n’existe aucune réglementation ni diplôme d’Etat en France concernant le métier de professeur de Yoga. Cependant, la plupart des studios privilégient les professeurs dont les formations sont reconnues par Yoga Alliance. Cette association, qui représente la communauté Yogi à travers le monde, n’accrédite les Teacher Training que s’ils répondent aux standards qu’elle impose.

En général, il s’agit de formations intenses réparties sur un mois ou plus, elles peuvent durer entre 200 et 300 heures et, une fois cumulées, donnent accès au titre “RYT 500hrs Yoga Alliance”. Néanmoins, vous pouvez enseigner dès le premier 200h, – cela dit, personne ne vous empêchera de donner cours non plus si vous n’avez suivi aucune formation. Il s’agit simplement d’un gage de qualité, un moyen de rassurer les studios et entreprises qui choisiront de vous faire confiance, quel que soit le pays où vous souhaitez exercer.

La plupart du temps, ces formations coutent une fortune – de surcroit si c’est un “prof star” est de la partie. Mais leur prix n’ont rien à voir avec la qualité de l’enseignement qui y est dispensé. Si il est élevé, cela ne vous assurera pas non plus de trouver plus facilement un studio de Yoga par la suite.

En ce qui me concerne, j’ai suivi un 200 heures en 2015 auprès de Samyak Yoga : une école traditionnelle basée en Inde dont le tarif des formations était accessible et les retours ultra positifs. J’avais été attirée par le contexte, simple et familial, et le fait qu’une des professeurs (Stephanie, française), aie eu un parcours relativement similaire au mien. Ses mots m’avaient convaincue. Bref, je voulais faire du Yoga et non un concours de Handstands, je tenais également à le faire en Inde, donc c’était parfait.

Il existe toutefois d’autres formules : la Fédération Française de Hatha Yoga (FFHY), par exemple, dispense des formations professionnelles continues de 5 ans, reparties sur les week-end et les vacances. Les conditions sont les suivantes : Avoir plus de 21 ans ; justifier d’une pratique régulière du Hatha Yoga de trois ans minimum avec un professeur ; fournir une attestation de votre professeur habituel stipulant que vous êtes prêt à suivre la formation.

Quel est le meilleur statut pour enseigner le Yoga ?

Plusieurs choix s’offrent à vous. Le statut d’auto-entrepreneur (travailleur indépendant) a quelques désavantages mais il demeure le plus simple et le plus pratique, notamment parce que sa création se fait en un clic et que vous avez ensuite la possibilité de faire vos déclarations en ligne sur le sur l’autoentrepeneur.fr. Les charges sociales sont proportionnelles au montant du chiffre d’affaires déclaré, à hauteur de 22,5 % – il est cependant possible de bénéficier d’une aide (l’ACCRE) si vous êtes par exemple demandeur d’emploi, et de réduire ce montant les trois premières années d’activité.

Pour ce qui est des inconvénients : les cotisations à la retraite et à la sécurité sociale seront à votre charge… La seule parade sera donc d’augmenter le prix des cours. De plus, le statut ne permet pas de déduire les charges comme c’est le cas des autres professions libérales. Le chiffre d’affaires annuel est par ailleurs limité à 33 200 euros et, en tant que auto-entrepreneur, vous bénéficiez d’une franchise en base de TVA : vous ne la facturez donc pas, mais ne la récupérez pas non plus sur vos achats.

Il existe cependant d’autres alternatives, comme ouvrir une SARL ou EURL : la meilleure option si vous avez ouvert un ou plusieurs centres. Mais avant d’en arriver là, vous aurez probablement déjà fait vos galons avec auto-entrepreneuriat, ou bien via une association dont vous serez le salarié. Dans ce dernier cas, votre protection sociale et votre retraite seront à la charge de votre employeur – sécurité de l’emploi. Néanmoins, en raison de la loi sur la sécurisation de l’emploi, vous serez limité à 24 heures par semaine (salariat à temps partiel). Mais cette réglementation étant complètement aberrante, il est désormais possible d’obtenir une dérogation.

Enfin, les Scop (Sociétés coopératives et participatives) proposent un statut d’entrepreneur-salarié, ce qui signifie que vous devez vous-mêmes chercher vos élèves et reverser vos revenus à la Scop, qui vous offre en échange une ouverture maladie, une retraite et le chômage. A l’instar d’un salarié, vous payez des frais de fonctionnement, la TVA, les cotisations sociales salariales et patronales. En toute franchise, je ne connais pas bien ce statut et j’exerce moi-même avec celui de l’auto-entrepreneur.

Et après, on fait quoi pour développer son activité ?

C’est bien souvent là, après votre formation, que va se déterminer si vous êtes ou non « destinés » à enseigner. Quand on me demande qu’elles ont été mes démarches pour me lancer sur le marché, la réponse est très simple : aucune. Toutes les opportunités ou presque se sont naturellement présentées – studio, entreprises, cours privés… Les deux seules choses que j’ai faites, et qui j’en suis convaincue ont permis de manifester la majorité des occasions dont j’avais besoin, sont les suivantes : j’avais très clairement posé mes intentions au préalable – je n’attendais cependant rien de particulier, ce sont deux attitudes bien différentes – puis, une fois que j’ai été certifiée et en vue de diffuser le message que j’avais à transmettre, j’ai ouvert ce blog… Mais surtout, j’ai suivi mon intuition du début à la fin et, le plus souvent possible, je suis restée reconnaissante pour tout ce qui était déjà là et qui m’inspirait une gratitude infinie.

Vous l’aurez donc peut-être compris : tout ou presque est une question de « mindset ». Je ne dis pas qu’il faut ouvrir un blog. Je ne dis pas non plus qu’il n’y a aucun élément pratique à mettre en place (en tant que freelance vous vous devrez de faire votre promo et, considérant la concurrence, il faudra être un as de la communication pour sortir votre épingle du jeu) ou qu’il faut faire comme moi, c’est même totalement le contraire. Je n’ai fais que suivre MON chemin, ma petite voix intérieure et c’est pour cela que j’ai posé cette question en début d’article : pourquoi voulez-vous enseigner ? Quelle légende suivez-vous, la votre ou bien celle de quelqu’un d’autre ?

Un jour, alors que je n’enseignais que depuis quelques mois à Paris, j’ai reçu un mail très enthousiaste de mon professeur de Yoga en Inde. Il me félicitait du « super travail » que je faisais et de la source d’inspiration que j’étais devenue pour de nombreuses personnes. D’après ses mots, il n’était même plus en mesure de compter le nombres d’élèves venus se former dans son école après avoir suivi mes cours ou juste lu un de mes articles sur ce blog.

Sur le moment, j’ai senti beaucoup de fierté, je me suis dis que j’avais trouvé ma voie et que c’était merveilleux. Puis le temps est passé et à mon tour, je n’étais plus en mesure non plus de compter le nombre d’élèves qui, soudainement, avaient décidé de devenir professeur et de suivre mon parcours. Je recevais alors quantité de mails dans lesquels ils me demandaient comment j’avais procédé ? Quelle était la marche à suivre ? Je me suis souvenue que moi aussi, en décidant de me reconvertir, j’avais envoyé des mails à des filles qui s’étaient reconverties, et que c’est légitime dans pareil projet de vouloir de l’aide, des conseils… Mais avec le recul, je me suis rendue compte d’une chose : tout ce que j’ai manifesté est toujours venu de moi, de mon intuition que j’avais suivi, du « flow » dans lequel je me suis laissée portée… Cette voie, que j’ai suivie en totale confiance, c’était la mienne : car enseigner le Yoga m’a conduit à Bali, où je me suis trouvée. Et aujourd’hui, je pense être tout sauf professeur de Yoga.

Mais peut-être que cette voie c’est la vôtre ? Il n’y a qu’une seule façon­ de le savoir : est-ce que cela remue votre mental et flatte votre ego, ou est-ce que cela fait battre votre cœur ?

Bonne chance 🙂

3 Comments

  1. Rosenoisettes
    6 septembre 2017

    Un article très enrichissant !
    Comme tu le montres bien le yoga n’est pas seulement la pratique, un enchaînement de postures ou un concours d’équilibre. Le yoga permet de s’élever, de grandir soi-même, on y arrive seul si on pratique à la maison mais rien de tel qu’un professeur qualifié pouvant nous montrer le chemin, nous guider. C’est le plus grand rôle d’un professeur et le plus difficile, au delà de la souplesse et autres connaissances.
    Bonne soirée !

    • Laura
      7 septembre 2017

      …et surtout : trouver suffisamment d’humilité pour être soi-même son professeur.
      A bientôt

  2. Rene
    7 septembre 2017

    Tres belle article et parcous. Je me souviens bien que j’ai lu ton article de Samyak et vu la lumière! 🙂

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Une image bien sympa est normalement à cette place. Actualise la page ça va le faire.Je m'appelle Laura, je fais du Yoga dans le sud de la France, à Paris et à Bali. Ici, je partage avec vous mon univers, tantôt cosmique, tantôt comique, tantôt les deux. J'aimerais beaucoup qu'on se rencontre ! Rendez-vous ici pour dérouler ton tapis avec moi.
contact{at}laurayoga.fr

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