Oh My Buddha

Blog Yoga

Thank you India

india backwatersJ’ai toujours pensé que pour se trouver, il fallait sortir de sa zone de confort. Et s’il y a bien un endroit sur terre où en tant qu’occidentale, on sort indubitablement de sa zone de confort, c’est l’Inde.

Quand j’ai pris la décision de faire ma formation dans « la plus grande démocratie au monde », (j’ai découvert il y a peu que c’est ainsi que l’on surnomme l’Inde), beaucoup de mes proches n’ont pas vraiment compris. « Si tu peux faire du Yoga à Paris, pourquoi partir ? De surcroît seule, dans un pays si dangereux (han !) et pendant un mois entier… ».

Malgré tout j’ai adoré la phrase de mon papa : « Elle veut apprendre l’espagnol elle part à Barcelone, elle veut apprendre le Yoga elle part en Inde, le jour elle s’intéressera aux extraterrestres elle va aller où ? Sur Mars ? ».

S’il est vrai que quand je suis prise par l’envie d’explorer un domaine je le fais à fond, cela me semblait encore plus valable pour le Yoga. J’ai donc très vite choisi de suivre ma formation de professeur dans le pays où, d’après moi, je pouvais le mieux comprendre ce que j’apprenais. Et ne pas rentrer en métro après une journée à pratiquer le Yoga.

 From Paris to Kerala

Une fois installée dans le sud de l’Inde à Kovalam – qui certes est un village très touristique mais n’en reste pas moins un village indien, j’ai été frappée par l’énergie qui fait vibrer ce pays. C’est comme si, exposé à ce qu’il avait à vous offrir, vous n’avez pas d’autres choix que celui de vous confronter à qui vous êtes. C’est un lieu où vous ne pouvez pas faire semblant. Il y a trop de choses importantes pour que vous fassiez semblant. D’ailleurs, pourquoi travestir sa personnalité alors que les gens sont tels qu’ils sont ici ? C’est donc débarrassé de votre masque que vous assistez au spectacle le plus improbable…

Des animaux en liberté partout dans la rue qui se moquent bien du monde autour, des couleurs étonnantes dont seule l’Inde a le secret, une végétation quasi offensante qui déborde de son écrin, des odeurs incroyables dont vos narines restent imprégnées des journées entières, et les indiens qui secouent leur tête chaque fois que vous leur posez une question. Pour dire oui, pour dire non. Ou les deux en même temps.

Mais aussi la misère– ce serait mentir de dire que l’endroit où je me trouvais était le plus à plaindre, mais… – des enfants qui jouent maculés de terre, le bruit incessant de la ville qui dégueule la foule par tous ses pores, des corps estropiés, le regard des hommes, mais surtout celui des femmes qui vous dévisagent tantôt avec bienveillance, tantôt avec mépris, parce que vous avez ce qu’elles n’ont pas. La peau blanche et surtout, la liberté.

Tous les jours vous faites un grand écart par rapport à la veille. Vous passez de l’extase au désenchantement. A la beauté d’un coucher de soleil sur les backwaters au chaos oppressant de la ville. Cette ville décousue, anarchique, qui vit pourtant sous le même ciel que celui de Paris. Et de toutes les autres villes du monde entier.

Qui je suis ?

L’Inde est à ce point improbable qu’il y a d’ailleurs toujours un moment où ça foire. Parfois c’est le type qui conduit votre tuk-tuk qui vous amène à la mauvaise destination (et qui vous réclame 200 roupies de plus pour rebrousser chemin), parfois c’est le plat du midi qui décide de faire demi tour, ou encore le ventilo qui lâche parce qu’il n’y a plus d’électricité alors qu’il fait 40 degrés et que vous êtes coincé dans votre chambre votre sauna…

On ne sait jamais quand ça va arriver mais ça arrive forcément. Chaque fois est, en fin de compte, une occasion supplémentaire de se remettre en question. Car si il y a bien une qualité qu’on apprend à déployer en Inde, c’est la patience.

Que peut-on faire sans connexion internet (ni eau) potable ? Sans électricité ? Sans rien pour nous déconcentrer du moment présent ? On fait ce que l’on sait faire de mieux (et qui nous faisait parfois si peur) : c’est à dire RIEN. On est soi-même, ici et maintenant. Serein au milieu de toute cette douce agitation. Car où sévit le bruit demeure aussi la quiétude la plus absolue.

C’est un des plus beaux paradoxes de l’Inde, sa vertu la plus invraisemblable : elle vous tranquillise au milieu d’un tumulte incessant. Si des touristes pressés bousculent les autres sur leur passage, pestent après tout et n’importe quoi, c’est qu’ils viennent tout juste d’arriver. Attendez de les recroiser quelques semaines plus tard, vous verrez probablement cette paix briller dans leurs yeux. Celle des gens qui ont voyagé, dehors et dedans.

Car non, le choc n’est pas simplement visuel. Il s’opère aussi à l’intérieur. Se frotter à la culture indienne, où parler réincarnation est tout naturel, quand on vient d’une partie de la terre où les gens sont si matérialistes et déconnectés de ce qui n’est pas visible, ça fait réfléchir. Et réaliser que c’est peut-être pour cela que vous avez le sentiment d’être déjà venu ici.

Allez en Inde ! N’ayez pas peur de perdre vos repères d’occidentaux, acceptez d’oublier tout ce que vous savez le temps d’un voyage, de découvrir ce qu’il y a sous votre carapace. Car c’est ce qu’il se produit dans le « sous-continent » : on explore ce qu’il y a sous la croûte, ce qui est VRAI, peu importe que cela vous rende vulnérable, heureux ou malheureux. Vous découvrirez qui vous êtes.

A lire aussi : un article de Stéphanie, une de mes prof en Inde, qui a eu le courage de tout quitter et de vivre la vie qu’elle rêvait dans ce pays : Inde, un pays qui vous change.

indian market

indian pets

trivandrum

mermaid poses

indian wall

Sunset Natarajasana

11 Comments

  1. SoNakan
    10 mai 2015

    Tu donnes vraiment envie !!!!
    Je viens d’un voyage en Inde et c’est vraiment frappant ce sentiment en rentrant !!! T’as raison, c’est vraiment un apaisement profond, c’est fou ?? !!
    Je crois que ton article m’aide un peu à comprendre…. Moi j’ai adoré Varanasi !!

    Bises, J’adore vraiment ce blog !

    • Laura
      11 mai 2015

      Merci 🙂 Je suis contente si ça t’aide à comprendre. Si tu viens juste de rentrer, il est probable que de nouvelles impressions te surviennent, avec le recul on a une meilleure vision de ce que qui s’est accompli en nous…
      Bises !

      • SoNakan
        11 mai 2015

        (Je t’ai mis dans ma balade des blogs 🙂 🙂 )
        Je suis rentrée il y a qques semaines déjà, et c’est vrai que l’euphorie du début était étrange, super mais étrange. Comme s’il m’avait manqué un truc… ce petit truc de voyage <3

        • Laura
          17 mai 2015

          Je réponds un peu tard mais MERCI 🙂 C’est chouette !

  2. […] le site de l’école et là, love at first sight. J’ai su instantanément que je voulais faire ma formation en Inde avec […]

  3. Annecé
    27 septembre 2015

    Merci Laura pour ce témoignage
    J’ai vécu 6 mois en Inde il y a (déjà) 6 ans et mon coeur est resté là bas, mes amis ont du mal à comprendre ce qui me relie à ce pays fantastique, et tu as très bien décrit toutes ces raisons, alors merci, je me sens moins seule : )
    Une citation que j’aime qui résume (un peu) le pays : « in India, you have to surrender before you win »
    En gros « abandonne tes défenses et tu auras tout gagné »
    Chak de India !!

    • Laura
      12 octobre 2015

      Waou… 6 mois en Inde, mon témoignage est si peu en comparaison de ce que tu dois avoir à dire sur le sujet 🙂 Et je suis tellement d’accord avec cette citation. Merci à toi !

  4. Alexia Lolë
    14 octobre 2015

    Emue de lire ton article, qui me donne envie de partir un jour en Inde (en retraite ? Me former en plus de la formation que je suis en train de faire ? L’avenir nous le dira.)
    Vraiment une belle écriture. Ca me donne moi aussi envie de perdre mes repères en Inde 🙂

  5. Anne
    22 octobre 2015

    Je découvre ton blog avec plaisir. Merci pour cet article Laura.

    J’ai séjourné plusieurs fois dans le nord de l’Inde (9 séjours de 2 mois) pour y suivre des cours de yoga auprès d’un enseignant nommé Vijay. J’envisage de suivre un teacher’s training en Inde. Me conseillerais-tu la formation Hatha Yoga que tu as suivie?

    May you and all beings be happy!

    Anne

    • Laura
      23 octobre 2015

      Bonjour Anne,
      Merci à toi ! Bien sûr, je te conseille Samyak Yoga les yeux fermés… Expérience humaine et yogique formidable. D’autant que maintenant ils ont leur propre ashram à Mysore, l’endroit est somptueux. Fonce !
      Namaste
      Laura

  6. […] que, ayant décidé d’en faire un métier, je suis partie en Inde me former. Ce fut une expérience incroyable, tellement intense et pleine de […]

Laisser un commentaire

Une image bien sympa est normalement à cette place. Actualise la page ça va le faire.Je m'appelle Laura, je fais du Yoga dans le sud de la France, à Paris et à Bali. Ici, je partage avec vous mon univers, tantôt cosmique, tantôt comique, tantôt les deux. J'aimerais beaucoup qu'on se rencontre ! Rendez-vous ici pour dérouler ton tapis avec moi.
contact{at}laurayoga.fr

Une image bien sympa est normalement à cette place. Actualise la page ça va le faire.

Une image bien sympa est normalement à cette place. Actualise la page ça va le faire.Partez une semaine en totale immersion et pratiquez le Yoga sur l'île des Dieux dans une sublime Villa.